Mise au point

Madame, Monsieur,

Suite aux différents événements de ces derniers jours, je souhaite porter à votre connaissance un certain nombre d’informations et rétablir peut-être ainsi quelques vérités.

À la suite des attentats qui ont eu lieu le 13 novembre dernier à Paris, l’état d’urgence a été décrété en France et des mesures de protection de la population ont été mises en place dans tout le pays. Le plan Vigipirate a ainsi été durci et les préfets ont vu leurs pouvoirs d’action étendus.

Le week-end du 14 et 15 novembre, des instructions du ministère de l’éducation nationale sont parvenues aux chefs d’établissements scolaires afin, dès le lundi 16 novembre au matin, de « veiller à la stricte application du contrôle d’accès et du contrôle visuel des sacs dans les écoles et établissements scolaires, publics et privés ».

Face à l’attroupement ainsi créé sur le trottoir devant l’école maternelle, j’ai pris contact avec l’inspectrice de l’éducation nationale dès le lundi matin afin d’échanger avec elle sur un dispositif qui puisse permettre aux parents d’accéder jusqu’à l’entrée extérieure des classes.

Ce dispositif est le suivant : les adultes qui souhaitent accompagner leur enfant jusqu’à l’entrée du sas doivent ouvrir au niveau du portail leurs sacs et manteaux afin qu’un contrôle visuel puisse être effectué. Le contrôle visuel des sacs correspond à une directive ministérielle, le contrôle visuel des manteaux (en sus de celui des sacs) correspond à une directive municipale que nous avons mise en place pour filtrer l’entrée des adultes dans tous les bâtiments municipaux à l’occasion des manifestations et activités.

J’insiste sur 3 points :

  • le contrôle visuel des sacs et des manteaux est réalisé pour les adultes, et non pour les enfants (à moins naturellement que ce dernier ne porte un sac de taille « manifestement inhabituelle ») ;
  • le contrôle est uniquement visuel : il n’y a aucune « palpation » d’aucune sorte
  • les adultes qui ne souhaitent pas que ce dispositif leur soit appliqué peuvent tout à fait confier leur(s) enfant(s) au niveau du portail extérieur de l’école maternelle afin que ce(s) dernier(s) soit(ent) conduit(s) en classe

Le samedi 21 novembre à 9 h, j’ai reçu l’ensemble des présidents des principales associations Saint-germinoises afin de les informer des différentes directives mises en place et de répondre aux éventuelles questions.
Mardi 1er décembre, une journaliste du Monde m’a contacté afin de me demander de réagir face aux « palpations effectuées sur les enfants à l’entrée de l’école maternelle » ; je lui ai fait part de mon étonnement et lui ai précisé les consignes que nous avions données : contrôle visuel des sacs et ouverture des manteaux pour les adultes uniquement afin de leur donner accès à la cour. J’ai également insisté pour que le nom de notre commune ne soit pas cité, ce afin d’éviter une publicité inappropriée pour la tranquillité du village, ce à quoi elle s’est engagée.

Le 8 décembre, le Monde a fait paraître sur son blog un article au titre racoleur : « État d’urgence : près de Lyon, fouilles et palpations de sécurité dès la maternelle ». Si la journaliste n’a pas cité nommément le village, elle a néanmoins cru bon de préciser qu’il se situait dans les Monts d’Or et qu’il comptait 2800 habitants. Autant dire qu’une simple recherche Internet permettait de connaître le nom !

Le Progrès n’a pas manqué de reconnaître notre village et a immédiatement produit un article, suivi de près par Rue89, puis RMC et France3-Rhône-Alpes. Après s’être déplacé dans le village, ce dernier média n’a néanmoins pas – à ce jour – jugé pertinent de parler de ce non-événement.

Les associations de parents d’élèves se sont également exprimées auprès des médias sur cette situation (Le Progrès – 10 décembre 2015) : l’une, la FCPE, réagissant avec une certaine « virulence » (dixit le Progrès) : « […] on avait vraiment l’impression que c’était la guerre […] » ; l’autre, l’API, faisant davantage preuve de sérénité : « On préfère qu’il y ait un minimum de sécurité plutôt que la porte ouverte à tout le monde ».
Dans cette affaire, chacun jugera de l’attitude des uns comme des autres.

Nous concernant, la désinformation qui a pris le pas dans cette affaire nous a tout à fait stupéfiés.

En effet : au-delà de l’émotion – bien légitime – que peuvent susciter de nouvelles mesures prises pour renforcer la sécurité de l’entrée de nos bâtiments, comment comprendre que certains, plutôt que de solliciter un rendez-vous auprès de la municipalité, préfèrent alerter un média parisien dont les journalistes ne se sont même pas déplacés pour vérifier la véracité de leurs allégations ?

Dans cette affaire, vos soutiens et vos marques de confiance ont été très nombreux : sachez que nous vous en sommes extrêmement reconnaissants.

Si notre village – et nous le regrettons – a fait l’objet d’une publicité que nous aurions vivement souhaité éviter, nous maintiendrons naturellement le dispositif en place aussi longtemps que nous le jugerons nécessaire, et ce quelle que soit la pression des médias et de ceux qui les attisent.

Nous considérons en effet que notre position – simple contrôle visuel des sacs et ouverture des manteaux pour tous les adultes, élus inclus – est cohérente et équilibrée tant au regard de la loi que de la période que nous traversons.

Comme d’habitude, nous restons naturellement à l’écoute de chacun pour apporter tout complément ou précision nécessaire.

En cette fin d’année, permettez-nous de vous souhaiter, Madame, Monsieur, d’excellentes fêtes de fin d’année.

Le Maire,
Renaud GEORGE