Taille des arbres

L’hiver est une période propice pour les interventions sur les arbres de nos jardins mais que faut-il tailler ? quand intervenir ? comment s’y prendre ? Il n’est pas évident de savoir quoi faire devant un arbre et ça n’est pas un court article qui fera le tour de la question, mais il peut servir à rappeler quelques principes de base et orienter ceux qui veulent aller plus loin vers des ouvrages plus détaillés. 

Pourquoi tailler ? 

Un arbre n’a pas besoin d’être taillé et la coupe de branches saines est toujours traumatique pour lui, alors pourquoi taille-t-on ? La taille sert uniquement à conformer l’arbre aux contraintes que lui imposent les humains : 

  • Adapter la structure d’un jeune plant 
  • Créer ou maintenir une forme architecturée 
  • Garantir la circulation des piétons, ou des véhicules lorsque l’emplacement de l’arbre l’exige 
  • Assurer la sécurité des personnes 
  • Garantir la régularité et les calibres de fructification 

Avant d’entreprendre de tailler ou faire tailler un arbre ou un ensemble d’arbres, il est essentiel de bien avoir évalué les raisons qui imposent une intervention et l’objectif de celle-ci. Cela permet alors de limiter les actions à celles qui servent cet objectif et assurer un suivi dans le temps de l’atteinte de cet objectif. 

Quand tailler ? 

On évite d’intervenir lors de la montée de sève lorsque l’arbre puise dans ses réserves pour recréer son feuillage ou entre fin août et la chute des feuilles lorsqu’il les reconstitue. Reste donc l’hiver pendant la dormance et l’été. On se limitera l’été à des interventions légères (formation des jeunes arbres, tonte des formes architecturées) et on réalisera le reste en hiver. Pour certaines essences, on évitera d’intervenir l’été en raison de l’activité de certains pathogènes.

Les fruitiers à noyaux supportent moins facilement les tailles répétées que les fruitiers à pépins. Une taille trop sévère risquant de provoquer une gommose (écoulement de gomme), on taillera très peu au-delà du retrait du bois mort.

Quelques principes : 

Ne pas intervenir à proximité de câbles électriques.

Une échelle doit être fixée en partie supérieure et inférieure. Intervenir sur des arbres est une activité technique qui devient également dangereuse lorsque les arbres sont de grande taille. Ne pas hésiter à faire intervenir un professionnel lorsque c‘est nécessaire. 

Pour déterminer où réaliser une coupe, il faut anticiper la réaction de l’arbre à celle-ci. S’intéresser au mode de croissance de l’essence sur laquelle on intervient, à son architecture est un préalable nécessaire pour prendre les bonnes décisions. 

Lors d’une coupe, l’arbre va isoler les parties blessées pour préserver le reste de son fonctionnement. Il va boucher les vaisseaux endommagés, construire des barrières internes pour éviter la propagation des pathogènes vers le cœur de l’arbre et le long des cernes et finalement recouvrir la blessure pour celer la partie affectée. On parle de compartimentation plutôt que de cicatrisation, les tissus affectés ne se régénérant pas. Pour faciliter ce processus, il est primordial de :

  •  Ne pas couper de branches de diamètre trop important, selon les essences on se limitera à 5cm (Bouleaux, Cerisiers, Frênes, Pommiers, Saules, …) ou 10cm (Charmes, Chênes, Erables, Platanes, Tilleuls, …) maximum (à revoir à la baisse si la vigueur de l’arbre est faible). 
  • Réaliser des coupes propres en respectant les schémas présentés ci-dessous. 
  • Utiliser des outils bien affûtés et les désinfecter entre les arbres pour éviter de propager des pathogènes. 
  • Limiter l’ampleur de l’intervention, l’arbre a besoin de mobiliser des réserves et de réaliser de la photosynthèse pour réagir rapidement, le bois et les feuilles (ou futures feuilles) retirés réduisent d’autant ces réserves et la capacité à réaliser de la photosynthèse.  
  • Conserver si possible un tire-sève pour améliorer l’alimentation de la zone blessée en ressources. 

Étêter un arbre adulte n’est pas une bonne solution et ne permet pas de réduire sa hauteur durablement. L’arbre va rapidement remplacer le houppier manquant par de grands rejets qui seront faiblement ancrés sur le tronc. La blessure du tronc aura beaucoup de mal à se refermer et le tronc risque de se creuser endommageant souvent irrémédiablement la structure de l’arbre. 

Pour la sécurité, le retrait du bois mort suffira dans la plupart des cas. Le bois mort n’est pas en lui-même un problème pour l’arbre et si ce dernier n’est pas dans un espace fréquenté (piétons ou véhicules), on pourra conserver le bois mort pour son intérêt écologique. 

Il est contre-productif de retirer le lierre. Le lierre n’est pas un parasite, il pousse sur ses propres racines et protège l’écorce de l’arbre sur lequel il grimpe des coups de soleil ou des trop grands froids tout abritant de nombreux auxiliaires. Le lierre ne s’enroulant pas autours des arbres, il n’empêche pas le tronc de croître normalement. 

Les trognes ou les tailles sur tête de chat demandent un entretien régulier, faites la taille d’entretien en supprimant l’ensemble des rejets tous les 1 à 3 ans. La taille se réalise au sécateur ou à la scie tirante, au plus près de la tête de chat en prenant soin de ne pas la blesser. 

Après un accident ou une taille trop brutale, l’arbre va passer par une phase de réaction qui peut durer plusieurs années avant de revenir dans un mode de développement normal. Il peut être préférable d’attendre quelques années avant d’intervenir. 

Exemples de coupes

Pour aller plus loin  :

  • Connaissance des arbres : Christophe Drénou, L’arbre, au-delà des idées reçues, Institut pour le développement forestier, 2017 
  • Taille des arbres d’ornement : Christophe Drénou, La taille des arbres d’ornement, du pourquoi au comment, Institut pour le développement forestier, 1999 
  • Formation et fructification des arbres fruitiers : Coordination Jean-Marie Lespinasse et Evelyne Leterme, De la taille à la conduite des arbres fruitiers, Rouergue, 2005 
  • Formation des arbres fruitiers, formes architecturées : Jacques Beccaletto, Encyclopédie des formes fruitières, Actes Sud / Ecole nationale supérieure du paysage, 2001